24.03.2009

SIDA (1) : quand les cathophobes se font néo-colonialistes

Le pape n'avait pas encore pris l'avion pour l'Afrique que déjà, on voyait fleurir les émissions sur le SIDA. Alors forcément, quand il a osé dire clairement la vérité, à savoir que la capote est loin d'être le meilleur moyen de lutter contre cette maladie, les média se sont déchaînés, et les politiques ont suivi, de sorte que l'opinion est aujourd'hui largement persuadée que le Saint Père est un dangereux criminel.

Pourtant, il est simple de démonter la capotolâtrie obligatoire qui fait Führer, pardon, fureur, des plateaux TV aux sphères dirigeantes...

Mais avant cela, une chose m'étonne : cette cathophobie des bien-pensants sous prétexte de lutte contre le SIDA, semble épargner les principaux intéressés, à savoir ces pays d'Afrique ou d'Asie qui sont les principaux touchés par la maladie. Il n'y a qu'à voir comment le Cameroun et l'Angola ont accueilli le pape... Interviewé sur ce sujet, voici ce que disait Blaise Compaoré, président du Burkina Faso, en 2005... :

« Les Français aiment la polémique, c’est leur côté gaulois ! Certains critiquent la position de l’Eglise en prétendant défendre les Africains. Soit. Mais la plupart n’ont jamais mis les pieds chez nous ! Je leur conseille de venir faire un séjour au Burkina. (...) Se focaliser sur le préservatif, c’est passer à côté du problème du sida. »
« Le débat sur le sida n’est pas théorique, il est pratique. (...) Si l’abstinence est un moyen de prévention, nous n’allons pas nous en priver ! »
« Face aux organismes internationaux, il faut savoir résister. On peut nous conseiller, mais pas faire à notre place. (...) Les Européens n’éprouvent pas le danger du sida de la même manière que nous. »
« Il y a souvent un gouffre entre ce que disent les médias et ce qui se passe sur le terrain. En Afrique, nous vivons avec le sida au quotidien. Le débat sur le préservatif, tel que vous le présentez, ne nous concerne pas. »

 ... et Mgr Sarr, archévêque de Dakar :

« Je demande aux Occidentaux de ne pas nous imposer leur unique et seule façon de voir. Dans des pays comme les nôtres, l’abstinence et la fidélité sont des valeurs qui sont encore vécues. Avec leur promotion, nous contribuons à la prévention contre le sida. »

Ceux qui veulent donner des leçons à l'Eglise sur la façon d'éradiquer la pandémie en Afrique, feraient bien de passer autant de temps sur le terrain que les catholiques... En attendant, qu'ils se taisent, plutôt que de faire étalage de leur mépris des Africains.

Oui, messieurs-dames les thuriféraires du latex sacré, l'Afrique n'a que faire de votre néo-colonialisme éhonté : elle n'a que trop souffert de vos distributions de préservatifs, et exige maintenant que vous arrêtiez de lui imposer des pseudo-solutions aussi mensongères qu'inefficaces !

(à suivre)

29.11.2007

Anne-Lorraine : l'Autre Jeunesse

a82dd6f99617dc3149760d6ca3393180.jpgDimanche dernier, une jeune étudiante en journalisme avait été retrouvée en fin de matinée, agonisante, dans une rame du RER D en gare de Creil, après avoir été frappée de nombreux coups de couteau par un délinquant sexuel. Celui-ci, récidiviste d'origine turque, avait déjà été condamné en 1996 à cinq ans de prison pour un viol commis sous la menace d'une arme sur la même ligne du RER.

Laurent Dandrieu, journaliste de Valeurs Actuelles, avait eu l'occasion de rencontrer Anne-Lorraine Schmitt lors d'un stage à la rédaction du journal. Il nous donne son témoignage qui mérite d'être reproduit dans sa totalité :

"Face à ce qu’a subi Anne-Lorraine, face à ce que subit encore sa famille, qui porte sa peine dans le silence, la pudeur et sans aucun doute l’espérance surnaturelle, les vociférations des jeunes de Villiers-le-Bel paraissent bien dérisoires. Loin de cette jeunesse sans foi ni loi qui ne cesse d’en appeler à ses droits mais ne veut entendre parler d’aucun devoir, qui exige le respect mais n’en témoigne pour rien ni pour personne, et pas même pour elle-même, il est une autre jeunesse, qui intéresse beaucoup moins les médias. Pourtant cette jeunesse ne se reconnaît pas, bien souvent, dans la société qu’on lui propose et dans les fausses valeurs qu’on lui offre en modèle, mais elle ne se réfugie pas pour autant dans la protestation agressive et geignarde, dans la provocation nihiliste. Elle préfère aux revendications le service, aux vociférations un discret engagement pour que le monde s’améliore. Elle ne brûle pas de voitures, elle les utilise pour des convois humanitaires. Elle ne pleurniche pas pour obtenir des gymnases qu’elle bombarde de cocktails molotov aussitôt construits, elle préfère organiser des pèlerinages ou des veillées de prière. Elle ne trompe pas son ennui avec des tournantes, mais manifeste pour défendre la vie ou va visiter des personnes âgées. Elle n’invective pas, elle se bat, paisiblement et sans haine, pour des convictions, pour que les valeurs chrétiennes et humanistes sur lesquelles s’est bâtie notre civilisation survivent. Anne-Lorraine était, jusqu’à dimanche, un membre anonyme de cette autre jeunesse. Parce qu’elle est morte pour avoir défendu sa pureté, parce qu’elle a résisté à l’ignominie avec un courage puisé dans sa foi, elle en est devenu l’honneur."

Donnons le mot de la fin à Gérard Gachet, autre journaliste à Valeurs Actuelles :

"Pour tenter d'apaiser les esprits, le chef de l'Etat pourrait recevoir ce mercredi les parents des deux jeunes morts de Villiers-le-Bel. Serait-ce trop lui demander que d'avoir aussi un geste fort vis-à-vis de la famille et des proches d'Anne-Lorraine ? Par exemple en étant représenté à un haut niveau - voire en se rendant lui-même, comme il sait le faire - aux obsèques de cette jeune fille exemplaire qui auront lieu samedi, à 14h, en la cathédrale de Senlis. Il serait juste, en effet, que les victimes innocentes aient droit dans ce pays à plus d'égards que des délinquants responsables de leur propre malheur.

 Source : Les Hussards Noirs