11.07.2006
Footocratie : le pathétique spectacle d'un lendemain de finale
Ce n'est pas parce que Zidane fut un des meilleurs footballeurs qu'on doit tout excuser, comme le fit Chirac la carpette dès la fin du match : ce geste doit être condamné d'autant plus fortement qu'au fil des années, Zidane a été érigé en modèle pour la jeunesse. Vox Galliae est du même avis :
"La France du 10 juillet n'offre pas le spectacle obligatoire "blacks-blancs convertis-beurs" que nous préparaient nos "têtes pensantes". Au contraire, c'est un véritable fiasco républicain, où les hommes politiques et les médias, ne sachant une fois de plus comment prendre cette France qui part en vrille, rivalisent de populisme lâche.
Il y a tout d'abord le cas Zidane. Comme au lendemain des émeutes, le mot d'ordre est clair et le discours uniforme : il faut sauver le soldat Zidane. Hier soir déjà, les "stars" invitées sur le plateau de TF1 se passait le mot pour souligner que Zizou n'était finalement qu'un homme, et que l'insulte avait du être insupportable pour justifier une telle réaction, évidemment sans aucun élément pour l'étayer.
Dans la foulée, c'est Nicolas Sarkozy qui expliquait devant les caméras de France 2 invitées pour le montrer place Beauvau aux côtés de Cécilia, qu'il ne fallait pas s'arrêter à ce geste. Lui, le prétendu pourfendeur des incivilités et des sauvageons, se faisant l'avocat de l'agresseur lorsque l'opinion le réclame ... Décidemment le chemin qui mène au Chateau est pavé de courbettes et d'humiliations. (A ce propos Rastignac dans Valeurs Actuelles souligne que Nico s'était jusqu'alors bien gardé de soutenir les bleus, en froid qu'il était avec certains joueurs).
A 13h, sur France 2, c'est Michel Drucker qui vend la mèche. Selon lui, si l'on ne veut pas que reste de Zidane le souvenir de ce comportement inacceptable, "c'est à nous les médias de faire que l'on oublie ces images". Intriguant parallèle avec le comportement des médias après les émeutes, qui, comme réagissant à un ordre impératif venu d'en haut, avait déversé un discours factice d'excuses et de dénégation - jusqu'à passer sous silence le bilan humain des émeutes.
Finalement c'est la France entière qui aura vécu pendant ces quelques semaines, et pendant plusieurs jours encore, sous la coupe réglée d'un populisme bien plus vil et dangereux que celui que l'on attribue à la "droite nationale", obligeant tous les politiciens a se plier à cette religion (celle de Bââl-on Rond).
Un dernier commentaire personnel. La floraison de drapeaux français ces derniers jours me laisse un goût amer. Que l'on souhaiterait les voir sortis plus souvent ... alors que toute l'année ce qui est français est insulté et sali, et qu'au moment de la coupe du monde, alors que les drapeaux tricolores fleurissent au balcon, la police s'oppose à la commémoration des victimes françaises et pieds-noirs à Oran en 1962, qui sont comme assassinés une seconde fois ... par leurs propres enfants, les "patriotes du dimanche soir"."
12:35 Publié dans C'est le bordel, Politiquement & historiquement correct | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Foot, Zidane



