22.05.2006

Il y a dix ans, Tibéhirine

Le 21 mai 1996, sept moines trappistes du monastère de Tibéhirine, au sud d'Alger, enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars, en pleine guerre entre islamistes armés et forces de sécurité, étaient assassinés.

Quelques jours plus tard, le 30 mai, les têtes des sept religieux, décapités par leurs ravisseurs, étaient découvertes près de Médéa (90 km au sud d'Alger), à quelques kilomètres du monastère de Notre-Dame de l'Atlas, où ils vivaient. Leurs corps n'ont jamais été retrouvés.

Dix ans après la mort des moines, la lumière n'a pas encore été faite sur l'identité des ravisseurs et les conditions de leur séquestration et de leur assassinat. Le parquet de Paris a ouvert le 10 février 2004 une information judiciaire contre X après une plainte déposée par la famille de l'un des moines assassinés, Christophe Lebreton, et par Armand Veilleux, l'ancien procureur de l'Ordre des Cisterciens.

Les proches des sept moines ont "droit à la vérité", a réitéré le père Veilleux, fin mars à Paris, alors que l'avocat de la partie civile, Me Patrick Baudouin, dénonçait l'"opacité anormale" et la "lenteur excessive" dans l'instruction menée par le juge Jean-Louis Bruguière.

Le rapt des moines, qui étaient âgés de 45 à 82 ans et cultivaient les terres du monastère de Tibéhirine , situé en plein fief intégriste, avait été revendiqué par le GIA (Groupe islamique armé), qui menaça de les tuer, faute d'obtenir la libération de militants emprisonnés en Algérie, dont son ancien chef Abdelhak Layada. Accusant les autorités françaises d'avoir refusé de négocier, le GIA, alors dirigé par Djamel Zitouni, annonça avoir égorgé le 21 mai les sept religieux.
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